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Les oiseaux : Indicateurs des effets du changement climatique...

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Le changement climatique est une menace pour les écosystèmes en terme de nombre d’espèces et d’évolution de la faune et de la flore au cours des saisons. Des chercheurs allemands ont récemment étudié les flux migratoires en Europe et ont montré que, depuis le milieu des années 70, le nombre d’oiseaux migrateurs subissait une baisse significative. Cette évolution correspond à 69 % aux impacts du réchauffement sur la biodiversité prévus par différents modèles. D’autres facteurs interviennent donc, comme l’activité humaine sur les milieux agricoles et forestiers, principaux habitats des oiseaux.

Le changement climatique est une des plus grande menace à laquelle fait face la planète, de nombreux modèles ont été réalisés pour évaluer ses impacts sur la biodiversité et sur la structure des populations animales et végétales. Ils prévoient, par exemple, que le réchauffement pourrait être responsable d’une modification majeure concernant la migration d’espèces animales.

Sur le terrain, certains oiseaux comme les hirondelles ou les martinets noirs reviennent en effet de plus en plus tôt et repartent parfois plus tard. D’autres changent complètement leurs habitudes : ils écourtent leur migration en faisant impasse sur la traversée du Sahara et hivernent sur le pourtour méditerranéen (comme les cigognes blanches) ou le long des côtes atlantiques (les grues cendrées par exemple).

Beaucoup de recherches se sont fondées sur des espèces d’oiseaux emblématiques, indicateurs « pionniers » pour les changements en relation avec le réchauffement à cause de leur réponse rapide aux variations de températures. Cependant, il y a eu, jusqu’à présent, peu de comparaison entre les changements passés et les variations prédites par les modèles existants. Des chercheurs allemands ont réalisé une telle comparaison.

Ces chercheurs ont analysé, sur 21 sites à travers l’Europe, les variations au sein de groupes d’oiseaux migrateurs et sédentaires, ces deux catégories ne réagissant pas de la même manière aux changements climatiques. Ils se sont focalisés sur deux périodes, 1972-1976 et 1988-1992, la vitesse d’augmentation de la température ayant été plus importante pendant la deuxième période. Le modèle utilisé comme outil de comparaison supposait que seul le changement climatique serait à l’origine de modifications.

L’analyse des données relevées sur le terrain montre qu’il y a eu une baisse significative du nombre d’oiseaux migrateurs, ce qui confirme les résultats de leurs précédentes études. L’apparition d’hivers plus doux favoriserait les espèces sédentaires au détriment des espèces migrantes. En effet, les espèces sédentaires, par manque d’épisodes de grand froid, auraient un plus grand taux de survie et se développeraient donc plus facilement en colonisant les niches des espèces migrantes en leur « absence hivernale ». Une forte concurrence s’installerait donc entre ces nouveaux sédentaires et les anciens pour l’accès aux ressources et à l’espace pour la nidification. Cette modification de la population avicole pourrait entraîner à son tour l’extinction d’autres espèces animales et végétales.

Par ailleurs, ces résultats ne concordent avec les prévisions du modèle utilisé qu’à hauteur de 69 %. D’autres facteurs participeraient donc à cette mutation des flux migratoires. Sans le démontrer, les chercheurs avancent les impacts directs des activités humaines sur les milieux agricoles et forestiers, principaux habitats et lieux d’hivernages des oiseaux : disparition des haies, pratiques agricoles défavorables, gestion forestière inadaptée, etc.

Finalement, s’il est important de se mobiliser contre le réchauffement planétaire, il ne faut pas oublier de préserver les habitats qui abritent la biodiversité « près de chez nous ».

Référence
N. LEMOINE et al. "Species richness of migratory birds is influenced by global climate change”, Global Ecology and Biogeography, vol.16, pp.55-64, January 2007.

Auteur
Mathieu Jahnich (D4E)


Source : Site notre-planete.info

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