askook 0 Posté(e) le 16 mai 2012 C'est l'un des derniers mystères de l'évolution des vertébrés... Grâce à une nouvelle méthode, des biologistes américains de l'Université de Boston assurent avoir retracé le chemin parcouru par les tortues depuis 200 millions d'années. Et contrairement à ce que leur allure peut laisser croire, la famille des tortues n'est pas une proche cousine des lézards et des serpents.Où se situent-elle dans la marche de l'évolution ? Les chercheurs sont catégoriques : ce sont avec les crocodiles et les oiseaux qu'elles partagent un très lointain ancêtre commun.Pendant longtemps, sur la base de certaines caractéristiques physiques (morphologie du crâne, carapace, etc.), les tortues ont été considérées comme ayant très tôt divergé des autres reptiles, dont elles auraient constitué les représentants les plus anciens. D'autres études anatomiques les avaient ensuite rattachées aux lépidosaures, un vaste groupe d'espèces englobant tous les lézards et serpents.La tortue, ballottée entre lézards, serpents, crocodiles et oiseauxAvec la précision apportée par l'analyse de l'ADN, nouvelle classification : les tortues sont passées de la branche des lépidosaures à celle de leurs cousins archosaures, les grands-pères des dinosaures dont sont issus tous les crocodiles et les oiseaux actuels. Jusqu'à ce qu'une étude génétique plus récente et fondée sur d'autres marqueurs les ramène sur la branche des... lépidosaures, côté lézards et serpents.Pour dissiper ces contradictions et éviter aux tortues un inconfortable grand écart généalogique, la fameuse équipe de biologistes américains a utilisé une nouvelle méthode: trouver des éléments génétiques similaires présents dans toutes les espèces concernées («éléments ultra-conservés» ou UCE), étudier l'ADN qui leur est associé et comparer le tout pour tenter de reconstruire l'histoire de leur évolution.Les biologistes ont comparé l'ADN des tortues avec celui de reptiles, de coqs, d'oiseaux, d'alligators...A Boston, Nicholas Crawford et ses collègues ont donc passé dans cette savante moulinette le serpent des blés, la tortue à cou caché d'Afrique, la tortue peinte, l'alligator d'Amérique, le crocodile marin et le tuatara. Afin de préciser leur analyse, ils ont ajouté dans cet étrange cocktail génétique des extraits d'UCE de coq sauvage, originaire du sud-est asiatique et à l'origine de toutes les poules domestiques, un peu de Diamant mandarin, un oiseau très répandu en Australie, un zeste d'Anole vert, une espèce de lézard des Etats-Unis, le tout saupoudré de génome humain.Résultat : l'analyse comparée de ces témoins génétiques de l'histoire des espèces fournit selon eux une «preuve écrasante». Les tortues sont bien issues des «archosaures», qui englobent toutes les espèces de crocodiles et d'oiseaux, concluent les auteurs de cette étude publiée dans la revue Biology Letters de l'Académie des sciences britannique.Source: http://www.leparisien.frArticle:http://rsbl.royalsocietypublishing.org/content/early/2012/05/14/rsbl.2012.0331.abstract?sid=35d0155b-98e2-4d84-ba05-d663a405213c Partager ce message Lien à poster Partager sur d’autres sites