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Animal

Pour en finir avec la notion de sadisme animal

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Pour en finir avec la notion de sadisme animal


Erich Fromm, La Passion de détruire (1973), Robert Laffont, 1975, p. 202.

" La destructivité et la cruauté peuvent [...] faire éprouver [à l'être humain]
un profond sentiment de satisfaction ; des masses humaines peuvent être soudain
saisies par la soif de sang. Des individus et des groupes peuvent avoir une
structure de caractère qui leur fait espérer avec impatience - ou même créer -
des situations qui leur permettent d'exprimer leur besoin de destructivité.

Les animaux [...] n'aiment pas infliger de souffrances aux autres animaux et ne
tuent pas 'pour rien'. Il arrive parfois qu'un animal paraisse manifester un
comportement sadique, comme le chat jouant avec une souris ; mais c'est adopter
une attitude anthropomorphique que de supposer que le chat éprouve du plaisir à
faire souffrir la souris ; n'importe quel objet mobile, que ce soit une souris
ou une pelote de laine, peut lui servir de jouet. Prenons un autre exemple :
Lorenz relate un incident survenu entre deux tourterelles enfermées ensemble
dans une cage étroite. La plus forte des deux se mit à plumer vive l'autre,
plume par plume, jusqu'au moment où Lorenz vint les séparer. Mais, là aussi, ce
qui peut sembler être une manifestation de cruauté extrême n'est, en réalité,
qu'une réaction à la privation d'espace et tombe dans la catégorie de
l'agressivité défensive.

Le désir de détruire pour le plaisir est différent. Seul l'être humain semble se
complaire à détruire la vie sans autre but que la destruction elle-même. Pour
s'exprimer d'une façon plus générale, seule l'homme semble être destructif bien
au-delà du besoin de se défendre ou de se procurer ce dont il a besoin.

La thèse qui sera développée dans ce chapitre est que la destructivité et la
cruauté humaines ne peuvent pas s'expliquer dans les termes d'une hérédité
animale ou d'un instinct de destruction, mais qu'elles doivent être comprises
sur la base des facteurs par lesquels l'homme diffère des animaux. Le problème
consiste à examiner de quelle manière et à quel degré les conditions spécifiques
de l'existence humaine sont responsables de la qualité et de l'intensité du
plaisir que prend l'homme à tuer et à torturer. "

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