terrienne 0 Posté(e) le 11 décembre 2007 « Casser la baraque » ou l’allégorie de Rapanui Il n’existait pas à l’époque d’écologistes radicaux pour informer des dangers pour les générations futures. Quand bien même des voix critiques se seraient élevées, on aurait complaisamment fédéré un « Rapanui de l’environnement » pour pouvoir baptiser économie positive l’abattage des derniers arbres permettant de créer des emplois. Saccager plus pour gagner plus. Cette société ridicule, vraie post-modélisation de la nôtre, s’est écroulée d’elle-même, laissant des statues inachevées et ses outils abandonnés dans les carrières. Une insulte rapanui peut se traduire ainsi: « La chair de ta grand-mère me reste entre les dents ». L’animal humain est joueur devant l’Éternel…, d’autant plus joueur qu’il est conscient des hauts risques. Il faut vivre dangereusement, comme des imbéciles… Question d’adrénaline sociétale, peut-être… Et les jeux nocifs, fatals à l’environnement ne manquent pas dans ce nouveau bazar dont il n’y a plus que les vitrines et les discours-camelots qui soient encore « verts ». Un jeu des interdépendances comme « l’effet-papillon », celui des derniers survivants sur un espace en déperdition comme « le syndrome du Titanic », sont désormais distractions courantes aux quatre coins du Globe. On s’est également bien accoutumés au « grand bingo contre l’Afrique », et « échec et mat sur l’Amazonie » nous tient encore en haleine. Mais le kit « peuples premiers et leurs terres à jouer au poker » reste le divertissement le plus ancien, le plus vendu, le plus rentable aussi. Loin du jeu de hasard, sans grande patience, il ne dépend que du rapport de force. Une soucieuse éducation aurait pu institutionnaliser « le jeu de l’oie »… L’oiseau annonçant symboliquement le danger au fil d’un parcours en spirale, en labyrinthe initiatique, les joueurs apprendraient ainsi à bien connaître le Monde, à l’aimer pour mieux le respecter, plutôt que de l’anéantir à coups de dés. Il n’en fut rien et c’est Terminator qui servit de modèle éloquent à une multitude de jeux de rôles. Quand il s’agit de choisir un guide, ce seront donc partout et toujours des gens du type Arnold Aloïs Schwarzenegger (bien que devenu Géant vert très écolo conduisant, comme tout un chacun, un Hummer au H2…) qui recevront l’assentiment démocratique, tandis que des érudits, humanistes et pacifistes de la trempe d’un René Dumont seront systématiquement renvoyés à la case départ. C’est ainsi que sur l’échiquier de la Terre, le jeu écologique estimé le plus drôle est bien celui de « l’Île de Pâques ». C’est presque un plaisir des dieux et il ne requiert pas obligatoirement un écosystème insulaire. Universel et intemporel, il peut se jouer sur mer comme sur terre. Un littoral, une montagne, une vallée, une forêt, voire même un désert, peuvent parfaitement faire l’affaire, sous toutes les latitudes, sous tous les bioclimats, à tous les étages de végétation. C’est comme un grand mikado des écosystèmes, un puzzle avec le damier de la biodiversité, dont on use et abuse, Il n’est même pas nécessaire de demander l’autorisation, laquelle n’est jamais refusée si elle implique l’intérêt d’une grande quantité de joueurs. Les cartes truquées sont acceptées. C’est pour ça que c’est un jeu sympa, qui rencontre actuellement un énorme succès un peu partout dans le monde ! En dépit des apparences, ce n’est pas un jeu éducatif. Ce n’est même qu’un jeu d’argent pour opportunistes, où l’on doit miser, par exemple, sur des régions encore riches en biomasse forestière, ou potentiellement favorables à l’agriculture productiviste, ou bien mieux encore sur les derniers territoires d’or noir. Le jeu de « l’Île de Pâques » ne se joue pas qu’en famille, ou entre amis, il peut être d’un usage étatique. Le Nouveau Monde organise actuellement des tournois permanents, en plusieurs manches, et leurs « réussites » font dire que l’équipe Bush détiendrait la martingale. Grand croupier du casino mondial, le capitalisme à masque démocratique pousse le jeu jusqu’au massacre dans cette grande marelle planétaire, où les pays ayant en gage une dette extérieure à vie jouent désespérément leur va-tout. Les premiers joueurs (deux ou trois maximum) sont nommés « découvreurs de l’Île de Pâques » et, tant ils sont polis et bien cravatés, semblent venir d’un autre Monde, d’une planète « savante ». Ce n’est hélas qu’un vernis universitaire, une apparence conventionnelle et diplomatique. Ils s’affrontent à une série de pions « sauvages », appelés « oreilles fines », qui ne cachent que leurs « parties honteuses » et qui vivent plus ou moins en autarcie sur leurs terres pourtant modestes, en harmonie avec les éléments ambiants, et qui croient voir des esprits partout. Cette première partie de jeu n’est certes pas très divertissante. C’est quand, dans la foulée des « découvreurs », les colons schizophrènes importent une « vraie » religion, une toute autre morale, de nouvelles maladies (grippe, syphilis, variole), des plantes et des animaux allochtones, un semblant d’instruction, de bonnes manières, des projets de société agrémentés d’exportations d’esclaves, et un zest techno-scientiste, qu’ils parviennent enfin à changer les « oreilles fines » en « oreilles dures », que l’espace ludique s’anime vraiment, que les spectateurs applaudissent. Jugés ignorants et païens, les membres de la tribu des « oreilles fines » sont ainsi cruellement battus quand ils refusent de se rallier à la raison du plus fort. Le bon joueur est celui qui fera feu de tout bois et parviendra à effacer implacablement tout ce que les « oreilles fines » avaient stupidement préservé. Tous les coups sont bons pour faire table rase, pour aboutir au chaos apocalyptique, ce n’est qu’une question de rapidité dans le jeu : déforestation habile sur tous les fronts, défrichage pernicieux, anéantissement des paysages, désertification, agriculture intensive pour les uns, organisation de famines pour les autres, éviction du monde animal, massacre du vivant jusqu’à extinction massive des espèces, minage kamikaze des ressources, mainmise sur l’eau, bétonnage obsessif, infrastructures mégalomanes et constructions pharaoniques, catastrophes industrielles, marées noires, pollution de tous les milieux, brouillards polluants chargés d’ozone, réchauffement et autres dérangements climatiques. Et beaucoup, beaucoup de bruit ! Il existe une variante où, pour finaliser, on utilise des pions moutons pour couper l’herbe sous le pied à l’adversaire, et vaincre le tapis vert. D’abord inaugurée par les Chiliens et les Anglais aux dépends des restes de l’Île de Pâques, cette version obtient actuellement un succès fou sur les terres fragiles du monde musulman. Les contaminations et empoisonnements seront cyniquement volontaires. Ne même pas renoncer à l’agent orange sous couvert de guerre, à l’amiante pour vaincre les pions ouvriers, à la vache folle ou à la dioxine pour les méchants humains carnivores, aux pires potions agrotoxiques, engrais et biocides fulgurants pour contaminer le consommateur végétarien qui se croit plus malin, aux organismes génétiquement modifiés pour troubler la pollinisation et nous concocter des salades de tomates aux gènes de poisson, de virus, de bactérie, de scorpion et d’humain. Pour accélérer le jeu, une stimulation au lapinisme est exercée sur les « oreilles sourdes », quitte à lever les tabous sur le stupre et la fornication, afin d’obtenir l’appui d’une démographie galopante. Il fallait des petits pions pour la guerre, il en faut maintenant pour le consumérisme écervelé. Dans ce vrai jeu de dupes, l’objectif pathétique en allant droit dans le mur, est l’autodestruction globale, précédée d’une vie infernale durant quelques siècles. Dans ce déclin, et tout en jouant à la bataille, la recette est d’atteindre en moins d’un demi-siècle 10 milliards d’Homo sapiens demens ayant accès au mode de vie occidental et nécessitant alors l’équivalent de 12 planètes en termes de ressources. C’est vraiment là que nous allons trouver le jeu désopilant. Une fois le terme atteint, les joueurs survivants se poseront l’intéressante question de savoir vers quels solstices, vers quel équinoxe étaient orientés tous ces gratte-ciel dépeuplés, toutes ces rampes d’autoroutes mortes, tous ces aéroports vides, toutes ces zones industrielles désertées et autres vestiges du temps du pétrole, témoignages accablants d’un haut niveau d’accomplissement intellectuel. La croissance économique de l’Inde et de la Chine, le lancement d’Airbus molosses chaque fois plus générateurs de dommages collatéraux pour la biosphère, l’hyper croissance de la lèpre touristique, l’exode de hordes de réfugiés de l’environnement, le tout prochain choc pétrolier, seront donc des astuces de jeu bienvenues… pour mettre de l’huile sur le feu. À toute chose malheur est bon : remercions au passage ces guerres, ces catastrophes dites « naturelles » et ces nouvelles maladies, susceptibles d’un écrémage substantiel et sans lesquelles nous atteindrions 12 milliards et 15 planètes à piller ! Comme à tous les jeux, il y a un principe : la Terre est une île ; et une morale : détruisez l’environnement, et l’environnement vous détruira. Le Monde n’est-il pas un grand cercle de jeux ? Seul la variante hétérodoxe « qui perd gagne » est à effet nul. Amusez-vous bien, sachez tricher tout en vous montrant politiquement correct ! Mais ce n’est qu’une illusion et, simple citoyen, notamment du Sud, vous n’avez plus le moindre joker : « Messieurs, les jeux sont faits ! ». C’est la grande loterie du malheur terrestre qui joue sa dernière partie, perdue d’avance. Cette fable pascuane, tout autant ludique que métaphorique, est inspirée du livre de Clive Ponting, « Le viol de la Terre » (« A green history of de world »), Nil édition, Paris, 2000. Histoire d’une société qui s’effondre faute d’avoir su modérer sa consommation des ressources limitées d’une île. Le destin de l’Île de Pâques a valeur de symbole pour l’ensemble de la Planète... « Quand nous serons devenus normaux, tout à fait au sens où nos civilisations l’entendent et le désirent et bientôt l’exigeront, je crois que nous finirons par éclater tout à fait aussi de méchanceté. On ne nous aura laissé pour nous distraire que l’instinct de destruction. C’est lui qu’on cultive dès l’école et qu’on entretient tout au long de ce qu’on intitule encore : La vie. Neuf lignes de crimes, une d’ennui. » « À mesure que nos « Dieux » deviennent plus puissants, ils deviennent aussi plus féroces, plus jaloux et plus bêtes. Ils s’organisent. Que leur dire ? On ne se comprend plus. » (Louis-Ferdinand Céline). Michel TARRIER Partager ce message Lien à poster Partager sur d’autres sites
Animal 0 Posté(e) le 11 décembre 2007 2050, SAUVE QUI PEUT LA TERRE ! Ce n’est pas un livre, c’est un brûlot ! Pourquoi ce troisième millénaire n’aurait-il qu’un siècle ? Pourquoi ne nous resterait-il qu’une cinquantaine d’années de vie supportable ? Pourquoi ne pourrons-nous pas céder le flambeau à nos enfants ? Pourquoi cette impasse sur le futur ? Pourquoi le chaos était-il inéluctable ? Comment les religions nous ont-elles envoyé droit dans le mur ? Quelle est leur part de responsabilité dans notre cécité écologique ? Comment nous ont-elles incitées à saigner la Terre aux quatre veines ? Quel fut le poids de ces religions sur notre déni des interdépendances, sur notre tendance à faire feu de tout bois ? Pourquoi la « bonne parole » nous a t’elle conduit aux plus mauvaises actions, au pillage des autres continents, à tant de croisades, de discriminations et de génocides, à tant de cruauté à l’égard des animaux ? On nous explique comment nous réchauffons notre planète. On nous bombarde d’informations apocalyptiques sur la disparition des espèces, l’anéantissement des forêts, la mise à sac des écosystèmes les plus précieux, le tarissement des fleuves et des lacs. Nous voyons autour de nous, chaque jour et au quotidien, comment tout fout le camp, comment les paysages sont rongés par le béton, défigurés par le mitage des campagnes, anéantis par l’édification touristique des littoraux, comment le milieu et nos aliments sont empoisonnés par l’agrochimie productiviste, comment le sol est scalpé par le surpâturage. Nous sommes dépassés par nos immondices, asphyxiés par les pollutions terrestres, maritimes et génétiques. Nous constatons que le nombre croissant des cancers environnementaux est une réalité effrayante. Et voilà qu’« ils » en remettent une couche en nous imposant une illusion transgénique. Mais on ne nous dit jamais pourquoi cette issue fatale était non seulement prévisible, mais incontournable ! Dans cette enquête sur une fin de Monde, l’auteur développe très clairement sa thèse : une fois divorcée de la Nature et sous sa forme « civilisée », notre espèce ne pouvait qu’enclencher un tel chaos universel. Le grand désastre dont nous sommes à la fois les auteurs, les témoins et les victimes était aussi incontournable que le seront les épreuves qui nous attendent pour les années à venir. Ce n’est pas la fin du Monde, mais la fin de « notre » monde… Autant le savoir tout de suite ! http://users.skynet.be/jdelacre/2050/unedelecologie.html Pour en savoir plus sur l'auteur Partager ce message Lien à poster Partager sur d’autres sites