Aller au contenu
Rechercher dans
  • Plus d’options…
Rechercher les résultats qui contiennent…
Rechercher les résultats dans…
Julien Leconte-bantam-de-pekin

AOUT 2009

Messages recommandés



poule marche Groupe de Poules de Pékin froment doré, blanc herminé, noir à camail argenté, argenté à liseré & fauve caillouté - Journée technique du CFBP 2009 poule marche à Anthony Ré poule marche

La nuit d'Aout :

LA MUSE

Depuis que le soleil, dans l’horizon immense, A franchi le Cancer sur son axe enflammé, Le bonheur m’a quittée, et j’attends en silence L’heure où m’appellera mon ami bien-aimé. Hélas ! depuis longtemps sa demeure est déserte ;Des beaux jours d’autrefois rien n’y semble vivant. Seule, je viens encor, de mon voile couverte, Poser mon front brûlant sur sa porte entr’ouverte, Comme une veuve en pleurs au tombeau d’un enfant.

LE POÈTE

Salut à ma fidèle amie ! Salut, ma gloire et mon amour !La meilleure et la plus chérie Est celle qu’on trouve au retour. L’opinion et l’avarice Viennent un temps de m’emporter. Salut, ma mère et ma nourrice ! Salut, salut consolatrice !Ouvre tes bras, je viens chanter.

LA MUSE

Pourquoi, cœur altéré, cœur lassé d’espérance, T’enfuis-tu si souvent pour revenir si tard ?Que t’en vas-tu chercher, sinon quelque hasard ? Et que rapportes-tu, sinon quelque souffrance ? fais-tu loin de moi, quand j’attends jusqu’au jour ? Tu suis un pâle éclair dans une nuit profonde. Il ne te restera de tes plaisirs du monde Qu’un impuissant mépris pour notre honnête amour. Ton cabinet d’étude est vide quand j’arrive ; Tandis qu’à ce balcon, inquiète et pensive, Je regarde en rêvant les murs de ton jardin, Tu te livres dans l’ombre à ton mauvais destin. Quelque fière beauté te retient dans sa chaîne, Et tu laisses mourir cette pauvre verveine Dont les derniers rameaux, en des temps plus heureux, Devaient être arrosés des larmes de tes yeux. Cette triste verdure est mon vivant symbole ;Ami, de ton oubli nous mourrons toutes deux, Et son parfum léger, comme l’oiseau qui vole, Avec mon souvenir s’enfuira dans les cieux.

LE POÈTE

Quand j’ai passé par la prairie, J’ai vu, ce soir, dans le sentier, Une fleur tremblante et flétrie, Une pâle fleur d’églantier. Un bourgeon vert à côté d’elle Se balançait sur l’arbrisseau ;Je vis poindre une fleur nouvelle ;La plus jeune était la plus belle : L’homme est ainsi, toujours nouveau.

LA MUSE

Hélas ! toujours un homme, hélas ! toujours des larmes ! Toujours les pieds poudreux et la sueur au front ! Toujours d’affreux combats et de sanglantes armes ; Le cœur a beau mentir, la blessure est au fond. Hélas ! par tous pays, toujours la même vie : Convoiter, regretter, prendre et tendre la main ; Toujours mêmes acteurs et même comédie, Et, quoi qu’ait inventé l’humaine hypocrisie, Rien de vrai là-dessous que le squelette humain. Hélas ! mon bien-aimé, vous n’êtes plus poète. Rien ne réveille plus votre lyre muette ; Vous vous noyez le cœur dans un rêve inconstant ; Et vous ne savez pas que l’amour de la femme Change et dissipe en pleurs les trésors de votre âme, Et que Dieu compte plus les larmes que le sang.

LE POÈTE

Quand j’ai traversé la vallée, Un oiseau chantait sur son nid. Ses petits, sa chère couvée, Venaient de mourir dans la nuit. Cependant il chantait l’aurore ; Ô ma Muse, ne pleurez pas ! À qui perd tout, Dieu reste encore, Dieu là-haut, l’espoir ici-bas.

LA MUSE

Et que trouveras-tu, le jour où la misère Te ramènera seul au paternel foyer ? Quand tes tremblantes mains essuieront la poussière De ce pauvre réduit que tu crois oublier, De quel front viendras-tu, dans ta propre demeure, Chercher un peu de calme et d’hospitalité ? Une voix sera là pour crier à toute heure :Qu’as-tu fait de ta vie et de ta liberté ? Crois-tu donc qu’on oublie autant qu’on le souhaite ? Crois-tu qu’en te cherchant tu te retrouveras ? De ton cœur ou de toi lequel est le poète ? C’est ton cœur, et ton cœur ne te répondra pas. L’amour l’aura brisé ; les passions funestes L’auront rendu de pierre au contact des méchants ; Tu n’en sentiras plus que d’effroyables restes, Qui remueront encor, comme ceux des serpents. Ô ciel ! qui t’aidera ? que ferai-je moi-même, Quand celui qui peut tout défendra que je t’aime, Et quand mes ailes d’or, frémissant malgré moi, M’emporteront à lui pour me sauver de toi ? Pauvre enfant ! nos amours n’étaient pas menacées, Quand dans les bois d’Auteuil, perdu dans tes pensées, Sous les verts marronniers et les peupliers blancs, Je t’agaçais le soir en détours nonchalants. Ah ! j’étais jeune alors et nymphe, et les dryades Entr’ouvraient pour me voir l’écorce des bouleaux, Et les pleurs qui coulaient durant nos promenades Tombaient, purs comme l’or, dans le cristal des eaux. Qu’as-tu fait, mon amant, des jours de ta jeunesse ? Qui m’a cueilli mon fruit sur mon arbre enchanté ? Hélas ! ta joue en fleur plaisait à la déesse Qui porte dans ses mains la force et la santé. De tes yeux insensés les larmes l’ont pâlie ; Ainsi que ta beauté, tu perdras ta vertu. Et moi qui t’aimerai comme une unique amie, Quand les dieux irrités m’ôteront ton génie, Si je tombe des cieux, que me répondras-tu ?

LE POÈTE

Puisque l’oiseau des bois voltige et chante encore Sur la branche où ses œufs sont brisés dans le nid ; Puisque la fleur des champs entr’ouverte à l’aurore, Voyant sur la pelouse une autre fleur éclore, S’incline sans murmure et tombe avec la nuit, Puisqu’au fond des forêts, sous les toits de verdure, On entend le bois mort craquer dans le sentier, Et puisqu’en traversant l’immortelle nature, L’homme n’a su trouver de science qui dure, Que de marcher toujours et toujours oublier ;Puisque, jusqu’aux rochers tout se change en poussière ; Puisque tout meurt ce soir pour revivre demain ; Puisque c’est un engrais que le meurtre et la guerre ; Puisque sur une tombe on voit sortir de terre Le brin d’herbe sacré qui nous donne le pain ; Ô Muse ! que m’importe ou la mort ou la vie ? J’aime, et je veux pâlir ; j’aime et je veux souffrir ; J’aime, et pour un baiser je donne mon génie ; J’aime, et je veux sentir sur ma joue amaigrie Ruisseler une source impossible à tarir. J’aime, et je veux chanter la joie et la paresse, Ma folle expérience et mes soucis d’un jour, Et je veux raconter et répéter sans cesse Qu’après avoir juré de vivre sans maîtresse, J’ai fait serment de vivre et de mourir d’amour. Dépouille devant tous l’orgueil qui te dévore, Cœur gonflé d’amertume et qui t’es cru fermé. Aime, et tu renaîtras ; fais-toi fleur pour éclore. Après avoir souffert, il faut souffrir encore ; Il faut aimer sans cesse, après avoir aimé.
color]

[color=red]Alfred de Musset (1810-1857)

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
je reçois plus de 10 photos chaque moi donc je privilégie les plus intéressantes, celles en relation avec des manifestations du moment... Certaines ne sont jamais utilisées car non exploitable pour plusieurs raisons, la taille, la côté flou, quand il n'y a pas de Poule de Pékin... Mais je ne pense pas que ce soit l'endoirt pour épiloguer à ce sujet...
Profitons plutôt de cette belle photo du mois clin d\'oeil

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Invité
Magnifique photo love eyes love eyes love eyes love eyes

Qui a prit cette photo pancarte ?

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Merci pour la photo de ce mois d'août, et cette symphonie de couleurs.
Mais aussi pour le poème...
Un peu de poésie dans notre monde de brute... ça fait du bien....

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Invité
Julien-02 a écrit:
c'est moi qui ai pris la photo


Ok donc bravo bravo pour cette belle prise pouce bien

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Invité
laphoto n'aurait pas été si jolie si les volailles n'étaient pas si belles ahahhahaha

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Invité
Bon tout est beau la photo, les poules surtout les poules et le poème (meme si je l'ai pas lu lol! ) pouce bien

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
bravo des valeurs sûr pour ce mois d'aout : les poules d'anthony et Alfred de Musset.

Merci julien. pouce bien

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Invité
merci âme poétique bravo bravo bravo

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Invité
Julien-02 a écrit:
Bantam-du-56 a écrit:
Bon tout est beau surtout les poules et le poème (meme si je l'ai pas lu lol! ) pouce bien


quel intérêt de dire ça si t'as pas lu... Rolling Eyes


Je lai lu je rigolait lol!

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Invité
C'est pour moi une des plus belles photos publiées. Ce groupe de poules de couleurs magnifique et peu courante. Bravo à l'éleveur pouce bien

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

×
×
  • Créer...