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POLOGNE : La Pologne fait le ménage dans son système de traitement des déchets

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VARSOVIE - La Pologne, où 20% des déchets municipaux atterrissent directement dans la nature, s'apprête à rationaliser son système de traitement des ordures pour mettre fin aux décharges sauvages, une situation suivie avec intérêt par les grands groupes environnementaux.

On va bientôt vivre une révolution, assure à l'AFP Tadeusz Arkit, responsable d'une commission parlementaire chargée de la gestion des déchets.

Selon la législation actuelle, il appartient à chaque foyer et à chaque entreprise de signer un contrat avec une des nombreuses entreprises de collecte des ordures, un modèle qui est apparu difficilement gérable et contrôlable. Ce système est théoriquement juste, explique M. Arkit, car chacun est censé payer pour ses propres déchets. Mais il est inefficace car il y a bien des gens qui, pour éviter de payer, mettent leurs ordures dans les poubelles des autres ou dans des décharges sauvages, dit-t-il.

La Commission européenne a épinglé la Pologne en 2012 pour sa législation défaillante dans ce domaine, aux côtés d'une dizaine d'autres pays d'Europe de l'Est et du Sud.

Avec la nouvelle loi qui entrera en vigueur le 1er juillet, ce sont les communes qui seront responsables de l'organisation du tri, de la collecte, du dépôt, du recyclage et de la réutilisation des déchets générés par leurs habitants et les entreprises locales. Elles choisiront leurs opérateurs par appels d'offres.

Ce service fera l'objet d'une taxe communale mensuelle, calculée indépendamment par chaque commune en fonction d'un critère de son choix: nombre d'habitants, superficie habitable, consommation d'eau ou forfait. Désormais, une fois la taxe payée, personne n'aura plus intérêt à vider ses poubelles dans la forêt, estime M. Arkit.

Mais, avant même d'entrer en vigueur, la nouvelle taxe et ses modalités de calcul suscitent des polémiques. A Varsovie, sous le feu des critiques, la mairie a déjà dû réduire certains tarifs prévus initialement.

Pour payer une taxe réduite, certains propriétaires d'appartements déclarent un nombre d'habitant inférieur à la réalité.

Sur la base des déclarations déposées dans ma coopérative d'habitation, je pense que sur les deux millions d'habitants de Varsovie, seulement 600.000 vont payer pour l'évacuation des déchets, signale Zbigniew Gawron, chef d'une association de coopératives de logements en location, cité par le quotidien Gazeta Wyborcza.

A Varsovie, le chaos autour de la nouvelle loi est total, déclare Jaroslaw Krajewski, porte-parole du parti conservateur Droit et Justice (PiS, opposition) dans la capitale. La Cour constitutionnelle a été saisie de plusieurs plaintes contre la nouvelle loi.

Le nouveau système devrait cependant entraîner une augmentation importante des déchets traités et des taux de recyclage.

Selon Eurostat, la Pologne générait 315 kg de déchets municipaux par habitant en 2011, comparé à la moyenne européenne de 503 kg. Mais sur ces 315 kg, seulement 255 kg étaient traités officiellement, le reste étant jeté dans la nature.

Parmi les déchets traités actuellement, 71% vont directement à la décharge, comparé à la moyenne européenne de 37%. Les autres 17% sont compostés (15% pour l'UE), 11% sont recyclés (25%) et 1% sont incinérés (23%), selon la même source.

Les industriels du secteur estiment que la nouvelle loi va stimuler le développement des infrastructures nécessaires et ouvrir de nouveaux marchés dans ce pays de 38 millions d'habitants.

En mars, le groupe français Veolia Environnement, leader mondial des services collectifs, a inauguré la nouvelle station d'épuration géante de Varsovie réalisée avec une filiale polonaise de Vinci et l'allemand WTE, un investissement de 565 millions d'euros financé à environ 40% par le fonds de cohésion européen et à près de 60% par la municipalité.

En avril, un autre groupe français, Suez Environnement, a signé à Poznan (ouest) un contrat de 850 millions d'euros pour y construire et exploiter pendant 25 ans un incinérateur dont la chaleur produite sera récupérée pour le chauffage urbain.

ROMANDIE 24/5/2013

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