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Les Substrats

Messages recommandés

Tout ce qu’il faut savoir sur les substrats d’après un sujet du forum
ParlonsBonsaï développé par Patrice Bongrand avec la participation de
Thierry Font

Introduction



Y a t-il des différences fondamentales entre un arbre et un bonsaï ?


Les principes de fonctionnement sont les mêmes il y a de grandes différences entre :


  • la culture d’un plant de pépinière

  • le but est de faire pousser vite avec beaucoup de feuillage.

  • d’un arbre en pleine terre

  • il faut que l’arbre grandisse et grossisse le plus vite possible

  • la culture d’un bonsaï :

  • Un bonsaï doit être sain, bien raciné, avoir une masse foliaire jeune et en pleine forme, ramifiée, dense, petite.



  • Les racines doivent donc elles aussi être jeunes, ramifiés


    Le mélange dépend donc de ce que l’on doit faire sur
    l’arbre. Si l’on cultive bien nos arbres, dans un bon substrat, et
    qu’on les engraisse bien, ils vont bien répondre à toutes nos
    interventions et notamment à une taille sévère (parfois nécessaire pour
    reconstruire ces arbres complètement).


    Pour bien pratiquer le bonsaï, il faut connaître les étapes de ce travail et le temps nécessaire pour les réaliser.


    Le mélange dépend donc de ce que l’on doit faire sur l’arbre.


    • les trois principes de base sont donc :

    • Bon substrat drainant
    • Engrais organique adapté , engrais de fond.
    • L’eau, elle doit être LA PLUS PURE POSSIBLE.

    Le substrat à l’étape de la culture du bonsaï



    Si l’on en est à l’étape de la culture d’un arbre (soit les 5 à 10 premières années), nous avons intérêt à avoir un sol drainant



    Qualités principales du substrat



    Les deux premières qualités indispensables d’un bon substrat de bonsaï sont donc : drainant et aéré.


    Ce qui veut dire que terres de jardin, terreaux fins, sables fins sont à proscrire comme substrat de bonsaï.


    Les racines d’un arbre destiné à être cultivé en bonsaï ont besoin :

    d’oxygène pour être efficace et ne pas pourrir.

    Que
    l’eau apporte toutes les bonnes choses, et mieux ça circule, meilleur
    c’est pour l’assimilation des substances nutritives par les racines.


    L’autre raison essentielle pour laquelle un bon
    substrat à bonsaï doit être drainant et aéré, est que les petits
    espaces entre les grains du substrat sollicitent l’émission de
    nouvelles petites radicelles. La division racinaire peut se faire.


    Tout ce qui se passe au niveau des racines se retrouve au niveau de la masse foliaire.


    Si vous avez une grande division
    de radicelles, vous obtiendrez une meilleure ramification, des
    entrenoeuds plus courts, des feuilles plus petites.



    C’est pourquoi on entend parfois des amateurs dire
    qu’ils ont beau pincer leurs arbres et tailler les feuilles, l’arbre se
    ramifie mal. C’est parce que, fréquemment, le substrat n’est pas adapté
    pour un bonsaï


    Il doit aussi être :


    • rétenteur :


    • Bien que drainant et aéré, un substrat doit être constitué de matériaux
      qui retiennent l’eau (et les matières nutritives) surtout pour ceux qui
      habitent une région sèche. Mais la rétention en eau n’est pas la
      qualité majeure d’un substrat, loin s’en faut. Car plus on arrosera un
      arbre avec de l’eau claire, plus on amène oxygène et hydrogène
      indispensables aux racines et à la vie des mycorhizes. Plus le substrat
      est rétenteur, moins on doit arroser. L’eau stagne, est mal assimilable
      par l’arbre favorise la pourriture des racines (certaines espèces de
      genévriers y sont très sensibles, comme le communis).

  • Stable :

  • Si
    l’on veut que les autres qualités précédemment mentionnées soient
    effectives, le substrat ne doit pas se déliter, ni se réduire en
    poudre, comme c’est souvent le cas avec de l’akadama de mauvaise qualité non tamisé.

  • Sain et propre :

  • Nous
    ne réutilisons pas un vieux substrat, il faut tamiser, et lessiver à
    grande eau ses substrats avant de les utiliser. Tout ceci afin de ne
    pas transmettre microbes, parasites et autres maladies.

  • chauffant :

  • à chaque fois que l’on arrose, on refroidit le mélange. On freine donc la pousse des racines, ce qui ralentit la croissance.



  • En revanche, il ne doit pas être nutritif, car il est
    préférable de partir sur un substrat neutre afin de mieux gérer
    l’apport d’engrais en fonction des besoins de l’arbre.
    L’adaptation à l’étape de travail



    Au début du travail, on plante dans un mélange
    drainant, quel qu’il soit. L’arbre a besoin de faire des branches
    charpentières, de constructions etc. Les racines poussent d’autant plus
    fort et vite que le mélange sèche vite. Il faut donc arroser souvent,
    favorisant la pousse des branches et racines. Schématiquement, le
    mélange sèche, on arrose, ça pousse et ainsi de suite.


    Au fur et à mesure du temps les branches s’établissent,
    les racines aussi, et le sol sèche moins vite car le mélange se
    compacte un peu plus chaque année. Avec le temps l’arbre fait des
    pousses de plus en plus petites, et des racines de plus en plus fines.


    Au bout d’une dizaine d’années, temps qu’il faut
    (théorique) pour former un arbre correct, on rempote l’arbre dans "son
    pot" de présentation et dans un mélange plus fin, car on n’a plus
    besoin de faire pousser fort l’arbre, mais de le maintenir, en vue
    d’expos etc.
    Quand cet arbre montre des signes de ralentissement trop évident, 2 à 3
    années maximum, on recommence, surtout au niveau racinaire et des
    ramifications fines.


    La boucle est bouclée.




    Un substrat est adapté à l’étape de travail où nous sommes



    C’est ainsi que :


    L’akadama,
    sorte "d’argile volcanique" (et ce qu’il faut retenir ici, c’est
    volcanique) est un substrat excellent pour nos bonsaï installés en pot
    depuis plusieurs années (je dis bien bonsaï, pas arbre, car cela veut
    dire que on en est aux étapes finales des fines ramifications).
    Il faut absolument le tamiser à 4-5 mm avant l’emploi.
    La kanuma est adaptée aux azalées


    Les mélanges


    Une formule unique de substrat est une erreur. Il y a
    l’espèce et l’étape de travail qui entrent en jeu, et tout ceci en
    fonction des 5 ou 6 qualités nécessaires dont nous avons parlé plus
    haut.


    Suivant notre climat, nous allons modifier le pourcentage des éléments qui constitue ce substrat.


    Si on habite une région humide, alors le substrat sera plus drainant (plus de gravier, moins de pouzzolane, de pumice ou d’akadama).


    La granulométrie moyenne, dans l’état actuel des choses
    (c’est à dire au niveau ou nous en sommes actuellement en France sur
    nos bonsaï) est 4-5 mm. Tamiser tous les substrats avec un tamis de 5
    et je les nettoie à grande eau (sauf l’Akadama). Attention à la poussière


    Voici les éléments que l’on trouve fréquemment en Europe :


    • Pouzzolane rouge ou noire

    • La pouzzo est aérée, microporeuse, une bonne rétention et quelques oligo-éléments (fer),pour les conifères (30 à 70%).

  • Pumice

  • La pomice est très aérée et plus légère, elle a une bonne rétention, bonne pour les juniperus et les feuillus

  • Graviers ronds

  • Faussement appelé sable. Le rond est bien pour les pins en pot à bonsaï (entre 30 et 60%).

  • Graviers concassés


  • provenant de carrière. Le concassé est bon pour les yamadori (y compris
    les arbres achetés), car ses angles coupants favorisent la division
    racinaire.
  • Rétention quasi-nulle, pouvoir drainant

  • Ecorce de pin compostée

  • favorise
    la mycorhization du système racinaire, l’apparition d’humus (ajoutée 5
    à 10% au mélange). Attention il faut aussi la tamiser à 4-5 mm.

    Terreaux grossier (prudence, avec parcimonie)

    Tourbes à fibre longues (prudence aussi)



  • Il faudra remplacer le gravier concassé par du gravier
    rond quand l’arbre sera en pot de bonsaï et quasi fini depuis quelques
    années.


    Il n’est pas utile de mélanger pomice et pouzzolane.
    Par contre l’une ou l’autre avec du gravier est bien, mais cela dépend
    des espèces cultivées.


    On ne fait pas le même substrat pour un pin, un hêtre
    ou une azalée. Il est adapté à l’évolution et l’étape de travail où
    nous en sommes sur l’arbre.


    exemple de melanges préconisés par Thierry Font


    Pour les arbres en pot.


    Genévrier : 6 vol. akadama moyenne (dépoussiérée) 4 pumice (4/6 tamisée).
    Ou

    Genévriers : 4 à 8 pomice, 2 à 5graviers concassés, un peu d’écorce.


    Pins : 5 vol. sable granitique pulvérulent, 3 akadama moyenne, 2ecorce
    Ou

    Pins, ifs, épicéa : 3 à 4 pouzzolane, 4 à 6 graviers concassés, 1 écorces de pins compostées.


    Plus le climat sera humide, plus il y aura de
    graviers ; plus ce sera sec, plus il y aura de pouzzolane et d’écorces
    (pas plus de 15%).


    Prunus : 5 akadama (idem) 4 pumice (idem) 1 écorce ou compost chêne vert.

    Hêtres et érables, autres feuillus : 3 à 8 pomice, 1 à 3 pouzzolane, 0 à 2 terreau grossier tamisé.

    Pour les prélèvements, tout pumice, avec un peu de secret personnel.

    Pour genévriers, prunus et pins : granit + écorce.


    Exemples de mélanges préconisés par Patrice Bongrand


    • les conifères :



      • Pins, ifs, épicea :

      • pouzzolane 30 à 40%
      • graviers concassés, 40 à 50%
      • écorces de pins compostés 10%.
      • plus c’est humide plus on y mets de graviers
      • plus c’est sec, plus on y mets de pouzzolanne et écorces(pas plus de 15%).





      • genévriers :

      • pomice 40 à 80%
      • graviers concassés 20 à 50%
      • un peu d’écorce.




    • les feuillus :



      • Hètres et érables, autres feuillus :

      • Pomice 30 à 80%
      • Pouzzolane 10 à 30%
      • Terreau grossier tamisé 0 à 20%.




    • les arbres à fleurs :



      • Azalée :

      • kanuma
      • ou un mélange pomice/ tourbe blonde à fibres longues tamisée.





      • Prunus :

      • Pomice 60 à 100%
      • gravier 0 à 40%.




    Donc en résumé, le pourcentage de chacun des ces composants de votre mélange dépendra du climat local.


    Par exemple : il pleut beaucoup chez vous, c’est très
    humide : il faut augmenter le pourcentage de graviers. Vous habitez un
    pays sec et venté, il faut augmenter le pourcentage de pomice ou de
    pouzzo (pas celui d’écorce ou de terreau)
    Nutrition, terreau et humus, mycorhizes... ???



    Il est préférable de partir sur un substrat non
    nutritif (neutre), afin de mieux gérer l’apport d’engrais en fonction
    des besoins.


    Utiliser un substrat nutritif est une erreur de culture car on ne maîtrise absolument pas l’amendement des bonsaï.


    Comment savoir alors le NPK [1] que l’on donne à l’arbre.


    Les Japonais ont plusieurs générations de culture de
    bonsaï et nous enseignent l’utilisation des substrats drainant non
    nutritif.


    Substrat non nutritif, drainant et aéré veut dire bonne gestion des apports d’engrais et de l’arrosage.
    Ces trois aspects sont indissociables.


    Les apports seront différents en fonction de ce que
    l’on souhaite obtenir. Supposons que l’on veuille faire du bois (ce qui
    veux dire allonger des branches) ou créer la ramification tertiaire ou
    quaternaire, ou encore chercher la réduction de la dimension des
    feuilles. Les apports seront bien différents.
    En fonction des étapes de travail, il faut donner un engrais au NPK
    (+oligoéléments, + acides animés) correspondant, un arrosage et un
    ensoleillement correspondant.


    Si le but est juste de maintenir en vie un arbre (j’ai
    bien dit un arbre, pas un bonsaï, c’est volontaire) dans un pot, alors
    il est possible d’utiliser de la terre et tout ce que l’on veut :


    Plus le mélange est composé de
    terre (terreau tourbe etc..) moins nous aurons de réponses, car il est
    très difficile de maîtriser l’arrosage.



    Exemple : nous taillons sévèrement un
    olivier (ou autre feuillu). Nous arrêtons d’arroser jusqu’à ce que
    l’arbre demande de l’eau c à d qu’il rebourgeonne. Dans un mélange
    aéré, c’est facile et cela sèche vite. Par contre avec "la terre",
    c’est plus long, donc plus risqué (maladies, affaiblissement, "noyade »
    de l’arbre etc.)



    l’humus


    C’est important C’est pour cela qu’en ajoutant 5 à 10%
    d’écorce de pin composté, d’une part (qui a d’autres qualités), nous
    activons la venue de l’humus.


    Et d’autre part, par l’apport important (3 ou 4
    boulettes n’est pas suffisant) et régulier d’engrais organique, par sa
    décomposition, l’humus sera là très vite (grâce aux mycorhizes).


    Le peu d’écorce de pin compostée que l’on peut mettre
    dans le mélange du substrat favorise naturellement l’arrivée des
    mycorhizes sur les conifères, et les japonais, sur les érables, ne
    gardent presque rien de l’ancien substrat et plantent l’érable dans de
    l’akadama pur, a vous de déduire.



    Granulométrie et division racinaire



    La grosse granulométrie est surtout pour des arbres jeunes en travail.


    Le problème est de garder ses arbres humides pour
    qu’ils ne meurent pas, mais nous n’obtiendrons pas une division
    racinaire (donc une ramification fine, un feuillage petit) aussi bonne
    avec un substrat composé de trop gros grains et d’écorce de pins.


    En effet le substrat drainant et aéré, tamisé à 4-5 mm,
    d’un mélange de pouzzo, ou pomice, ou gravier, ou même akadama, n’est
    pas seulement pour l’oxygène apporté aux racines, mais aussi pour la
    division des radicelles (qui sera beaucoup moins importante avec du
    terreau et avec de trop gros grains).



    Les engrais



    Il faut gérer après les apports d’engrais au niveau du
    sol et au niveau du feuillage. C’est la sève élaborée, qui, venant du
    feuillage grâce à la photosynthèse (d’où l’importance d’avoir un
    feuillage bien actif et d’effectuer une pulvérisation foliaire),
    redescend vers les racines et va permettre l’émission de nouvelles
    radicelles (qui vont trouver oxygène et eau dans un bon substrat
    drainant et aéré).


    En dehors de toutes ces considérations théoriques, si
    vous avez des doutes, faites des essais sur quelques sujets et vous
    verrez bien, c’est l’expérience en la matière qui compte.


    Mais ces conseils ne sont adapté que sur un bon substrat.


    Toute théorie n’est valable que si elle est appliquée dans la pratique.


    Pour continuer un peu , juste un mot, l’engrais
    organique (type boulette) est un engrais de fond , très important pour
    alimenter dans le temps , ou pour "la finalisation" d’un arbre. Pour
    "pousser fort", en cours de formation, il lui faut plus, et plus vite.
    Chacun à sa recette ( il n’en existe pas de miraculeuse) du moment que
    cela fonctionne.




    Merci à Patrice Bongrand et Thierry Font.

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