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La chenille processionnaire

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La chenille processionnaire fait partie des espèces invasives. En France, notamment dans le bassin méditerranéen, elle occasionne bien des tracas aux humains, mais surtout à nos amis à 4 pattes. C'est une vraie lie...

Photo © DR Futura Sciences

La chenille processionnaire du pin, Thaumetopoea pityocampa Schiff., est un des plus grands ravageurs forestiers en France mais aussi sur l'ensemble des pays méditerranéens. Se nourrissant d'aiguilles de pins et de cèdres, elle provoque un ralentissement de la croissance de l'arbre mais aussi une vulnérabilité plus forte aux maladies et aux autres ravageurs des forêts. C'est également un problème de santé publique.

En effet, elle possède des poils
urticants microscopiques qu'elle libère dans les derniers stades larvaires. Ils sont très allergènes et ils peuvent provoquer de violentes réactions chez l'homme mais aussi chez les animaux domestiques (démangeaisons, problèmes respiratoires, ophtalmologiques, cardiaques, neurologiques, chocs anaphylactiques…).

Des méthodes de lutte contre ce ravageur doivent être envisagées dans les zones les plus touchées.

Elles peuvent prendre différentes formes : sylvicoles, mécaniques pour des petites surfaces comme les jardins, chimiques à base Diflubenzuron.

Les luttes biologiques sont actuellement les plus employées. Les traitements insecticides microbiologiques à base de Bacillus thuringiensis kurstaki (noté BtK) sont les plus utilisés contre la Processionnaire du Pin.

La cible est la chenille qui ingère le produit présent à la surface des feuilles, ce qui provoque sa mort. L'application du produit se fait généralement par traitement aérien au cours des premiers stades larvaires. Ce traitement est respectueux de l'environnement puisqu'il ne persiste que très peu après application et il a une spécificité d'action (Lépidoptères). D'autres approches sont également à l'étude comme la prédation par les mésanges en favorisant leur implantation par des nichoirs (projet en cours) et par des phéromones sexuelles (monitoring et confusion).

Voir le cycle biologique de la chenille processionnaire : Le cycle biologique de la processionnaire du pin

Voir comment on peut contrôler sa population : Les dégâts occasionnés

Le bacille de Thuringe :
- Partie I le bacille de Thuringe : ses propriétés entomopathogènes,
- PartieII : le bacille de Thuringe utilisée dans la lutte contre les chenilles
défoliatrices des forêts
.


Source : Claire Konig pour Futura Sciences

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Des colonies de chenilles processionnaires du chêne et du pin sont actuellement observées en Ile de France.

L'ARS rappelle à la population d'éviter tout contact avec les chenilles, leurs nids ou les zones à proximité des arbres infestés et a mis en place un dispositif de surveillance.

RECOMMANDATIONS :

Les poils de la chenille se détachent facilement lors d'un contact ou sous l'effet du vent. Ils peuvent provoquer de fortes réactions allergiques au niveau des yeux, des rougeurs et des démangeaisons sur la peau ou, encore, des difficultés respiratoires.

Face à cette situation, voici des mesures de prévention simples... à la portée de tous :

- Ne pas se promener ou laisser jouer les enfants sous les arbres porteurs de nids (voir photo message précédent) ;

- Eviter de se frotter les yeux pendant ou au retour d'une promenade ;

- En cas de doute, prendre une douche et changer de vêtements ;

- Bien laver les fruits et les légumes du jardin (les poils des chenilles peuvent s'y déposer) ;

- Eviter de faire sécher du linge à côté des arbres infestés.

En cas de réactions allergiques au niveau des yeux, de la peau ou des voies respiratoires, il est préférable de consulter son médecin traitant, en particulier en cas d'antécédants allergiques.

Dispositif mis en oeuvre par les ARS (Agence Régionale de Santé) :

Depuis environ un mois, des campagnes d'informations ont été diffusées à destination des populations des zones géographiques concernées.Un flyer et une affiche sont mis à disposition du grand public via les mairies et les pharmacies.

Un dispositif de surveillance est également mis en place cette année, en lien avec les professionnels de santé pour mieux connaître l'ampleur des troubles sanitaires susceptibles d'être en lien avec une exposition aux chenilles. Deux zones connues pour abriter des chenilles ont été retenues pour l'édute :

- En Seine et Marne (communes du canton de Mormant, ainsi que les villes de Nangis et du Châtelet en brie) ;

- Dans le Val d'Oise (villes de Boisemont, Cergy, Courdimanche, Joui-Le-Moutier, Menucourt, Neuville sur Oise et Vauréal.


Site de l'ARS Ile de France : http://www.ars.iledefrance.sante.fr
(même racine pour les autres ARS, seul de département change).



ARS Ile de France : 1/06/2012

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Les bases de données de Google ont été utilisées pour cartographier la distribution géographique d’un insecte en expansion, la chenille processionnaire du pin.

C’est une première : des chercheurs de l’Institut National de la recherche agronomique (INRA) ont utilisé les données de Google Street View (GSV) pour suivre l’évolution de la chenille processionnaire du pin, un insecte en passe d’envahir toute la France alors qu’elle était cantonnée au Sud il n’y a pas si longtemps.

 Les nids de la chenille processionnaire du pin sont identifiables grâce à Google Street View. Inra/JCMartin

La chenille processionnaire du pin est un insecte dont les larves consomment les aiguilles de différentes espèces de pins et de cèdres. Ces larves tissent des nids d’hiver en soie de couleur blanche, notamment dans les arbres situés le long des routes. Cette particularité rend l’utilisation de GSV très intéressante, car ce système donne accès à des vues panoramiques sur le bas-côté des routes et permet d’identifier de nombreux détails.

Google utilise la technologie Immersive Media, qui permet de fournir une vue d’une rue à 360 degrés en n’importe quel point donné. Des images obtenues au préalable par une voiture équipée de caméras : les images prises au fur et à mesure sont ensuite assemblées par un  logiciel propriétaire de Google.

  Les larves sont connues pour leur mode de déplacement en file indienne, se nourrissent des aiguilles de diverses espèces de pins, provoquant un affaiblissement important des arbres pouvant même entraîner une défoliation de l'arbre et en cas d'infestation massive. Or un affaiblissement important des arbres ouvre la voie à d'autres ravageurs et parasites... Si leurs longs poils (soies) sont inoffensifs, ces chenilles projettent dans l'air de minuscules poils très urticants. jerome12300 / Youtube

Dans la revue PLOS ONE, les chercheurs évaluent l’utilité de GSV pour cartographier la distribution de la chenille processionnaire. Ils ont délimité une aire d’observation qui recouvre une surface d’environ 47.000 km² de la région Centre et qui a été divisée en 183 « cellules d’échantillonnage » de 16 par 16 km.

Pour chaque cellule, les chercheurs ont noté la présence ou l’absence de nids. Les données ont été collectées par observation directe sur le terrain et via GSV. En les comparant, les chercheurs ont déterminé que GSV est un bon indicateur de valeurs mesurées sur le terrain et offre une fiabilité de l’ordre de 90 % à cette résolution.

 L'Éco-Piège est un nouveau procédé recommandé par l'INRA dans la lutte et le traitement contre la chenille processionnaire du pin.toutpourlesnuisibles / Youtube

Ces résultats ouvrent des perspectives importantes pour simplifier et diminuer les coûts d’acquisition de données pour étudier la présence d’organismes invasifs et l’évolution de leur répartition géographique.

Même si toutes les espèces ne se prêtent pas à ce type d'observation, de nombreux organismes peuvent sans doute être étudiées de cette façon. Les chercheurs de l’INRA pointent les insectes ravageurs ou les pathogènes associés à des arbres communs dont les symptômes sont identifiables depuis les voies carrossables, par exemple la mineuse du marronnier ou la chalarose du frêne.


SCIENCES ET AVENIR 14/10/2013

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Le redoutable insecte urticant poursuit sa conquête du territoire français, bien aidé par le réchauffement climatique. Et par l’homme.

Dès le début de l’hiver, on voit apparaître leurs nids. Les chenilles processionnaires (Thaumetopoea pityocampa) sont en train de construire ces boules cotonneuses que l’on peut voir aux extrémités des pins, sapins et cèdres. Le réseau d’étude de l’espèce créé par l’Inra a organisé cette semaine un colloque international regroupant une centaine de chercheurs penché sur une expansion inquiétante. Et les nouvelles ne sont pas bonnes. "L’insecte a aujourd’hui atteint, voire dépassé l’Ile-de-France et les conditions climatiques font que désormais toute la France est favorable à son expansion" note Alain Roques au Centre Inra Val de Loire.

 Le nid cotonneux de la chenille processionnaire. Seule solution pour s'en débarrasser : le brûler. ©️ Inra

Outre un climat de plus en plus accueillant, la chenille processionnaire peut aussi compter sur l’homme. Les chercheurs viennent ainsi de démontrer que les individus apparus en Alsace et au nord de Paris en 2013 provenaient bien de populations plus méridionales, preuve que ces chenilles avaient été apportées en camion via la commercialisation de résineux. L’espèce n’a pourtant pas besoin de ce coup de pouce pour coloniser l’ensemble de l’hexagone. "La chenille processionnaire ne supporte pas les coups de froids à -16°C qui provoquent alors des mortalités complètes, poursuit Alain Roques. De plus, des températures supérieures à 0°C l’hiver permettent aux chenilles de continuer à se nourrir".

Frileuse, la chenille construit justement son nid pour se garder au chaud, avant de descendre des arbres au printemps pour se rendre en procession dans les sols propices à leur transformation en papillon. Ces conditions de vie font de l’insecte un indicateur précieux des progrès du réchauffement climatique reconnu comme tel par le GIEC. Jusque dans les années 90, la Loire faisait office de barrière naturelle, du fait de régulières vagues de froid au nord du fleuve, hostiles à l’espèce. Or, les hivers sont de moins en moins rigoureux et les températures montent.

 Depuis 20 ans, la température moyenne de la Beauce a ainsi augmenté d’environ 1°C. Non seulement le froid n’est plus assez vif pour tuer les colonies, mais la douceur permet aux chenilles de se nourrir tout l’hiver. Celle-ci est même en train de coloniser les reliefs du Massif Central qui lui était encore défavorables il y a 20 ans (carte de diffusion ci-contre, crédit Inra).

L’expansion géographique de la chenille pose de vrais problèmes de santé publique. Cette larve possède en effet des poils urticants qui diffusent dans l’organisme une protéine toxique, la thaumétopoéine. Les premières victimes en sont les chiens et les chats qui reniflent les chenilles quand elles descendent au sol au printemps. Ces animaux domestiques peuvent ainsi développer œdemes et inflammation de la langue et des muqueuses buccales qui les empêchent de se nourrir. Les animaux d’élevage sont aussi touchés quand ils mangent l’herbe sur laquelle est passée une procession.

 La thaumétopoéine provoque de fortes démangeaisons chez l’homme (ci-contre, crédit Inra). Comme si cela n'était pas suffisant, la chenille provoque aussi l’affaiblissement des arbres... Et les méthodes de lutte sont peu nombreuses. Les nids doivent être brûlés et des pièges permettent de stopper les processions au bas des arbres. Toutefois, la plus efficace reste la mésange qui peut manger une quarantaine de chenilles par jour

A signaler : l’Inra a développé une application pour mobile pour que chacun puisse signaler la présence de l’espèce dans son proche environnement.


Sciences et avenir 18/12/2014

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Le redoutable insecte urticant poursuit sa conquête du territoire français, bien aidé par le réchauffement climatique. Et par l’homme.

Dès le début de l’hiver, on voit apparaître leurs nids. Les chenilles processionnaires (Thaumetopoea pityocampa) sont en train de construire ces boules cotonneuses que l’on peut voir aux extrémités des pins, sapins et cèdres. Le réseau d’étude de l’espèce créé par l’Inra a organisé cette semaine un colloque international regroupant une centaine de chercheurs penché sur une expansion inquiétante. Et les nouvelles ne sont pas bonnes. "L’insecte a aujourd’hui atteint, voire dépassé l’Ile-de-France et les conditions climatiques font que désormais toute la France est favorable à son expansion" note Alain Roques au Centre Inra Val de Loire.

  Carte de diffusion (c) Inra

Outre un climat de plus en plus accueillant, la chenille processionnaire peut aussi compter sur l’homme. Les chercheurs viennent ainsi de démontrer que les individus apparus en Alsace et au nord de Paris en 2013 provenaient bien de populations plus méridionales, preuve que ces chenilles avaient été apportées en camion via la commercialisation de résineux

L’espèce n’a pourtant besoin de ce coup de pouce pour coloniser l’ensemble de l’hexagone. "La chenille processionnaire ne supporte pas les coups de froids à -16°C qui provoquent alors des mortalités complètes, poursuit Alain Roques. De plus, des températures supérieures à 0°C l’hiver permettent aux chenilles de continuer à se nourrir".

Frileuse, la chenille construit justement son nid pour se garder au chaud, avant de descendre des arbres au printemps pour se rendre en procession dans les sols propices à leur transformation en papillon. Ces conditions de vie font de l’insecte un indicateur précieux des progrès du réchauffement climatique reconnu comme tel par le GIEC. Jusque dans les années 90, la Loire faisait office de barrière naturelle, du fait de régulières vagues de froid au nord du fleuve, hostiles à l’espèce. Or, les hivers sont de moins en moins rigoureux et les températures montent.

 Le nid cotonneux de la chenille processionnaire. Seule solution pour s'en débarrasser : le brûler. ©️ Inra

Depuis 20 ans, la température moyenne de la Beauce a ainsi augmenté d’environ 1°C. Non seulement le froid n’est plus assez vif pour tuer les colonies, mais la douceur permet aux chenilles de se nourrir tout l’hiver. Celle-ci est même en train de coloniser les reliefs du Massif Central qui lui était encore défavorables il y a 20 ans.

L’expansion géographique de la chenille pose de vrais problèmes de santé publique. Cette larve possède en effet des poils urticants qui diffusent dans l’organisme une protéine toxique, la thaumétopoéine. Les premières victimes en sont les chiens et les chats qui reniflent les chenilles quand elles descendent au sol au printemps. Ces animaux domestiques peuvent ainsi développer œdemes et inflammation de la langue et des muqueuses buccales qui les empêchent de se nourrir. Les animaux d’élevage sont aussi touchés quand ils mangent l’herbe sur laquelle est passée une procession.

 La thaumétopoéine provoque de fortes démangeaisons chez l’homme (ci-contre, (c) Inra). Enfin, la chenille provoque l’affaiblissement des arbres. Les méthodes de lutte sont peu nombreuses. Les nids doivent être brûlés et des pièges permettent de stopper les processions au bas des arbres. La plus efficace reste la mésange qui peut manger une quarantaine de chenilles par jour

 Signalons enfin que l’Inra a développé une application pour mobile (sur Google Play) pour que chacun puisse signaler la présence de l’espèce dans son proche environnement.


Sciences et avenir 2/2/2015

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L’Agence régionale de santé (ARS) Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca) et l’Ordre régional des vétérinaires de la région Paca-Corse informent la population de la région Paca de la prolifération saisonnière des chenilles processionnaires et des mesures de précaution à adopter pour éviter tout risque sanitaire.

 Les chenilles processionnaires sont reconnaissables à leurs nids de soie blanche bien visibles sur les pins où elles passent l’hiver à l’issue duquel elles forment des processions avant de s’enterrer pour effectuer leur métamorphose. (Photo Ligne de chenilles processionnaires. Lamiot CC BY-SA 3.0))

1. Les risques sanitaires chez l’humain et chez l’enfant en bas âge :

- Les poils des chenilles processionnaires contiennent une toxine urticante et allergisante, à l’origine d’irritation cutanée et oculaire chez les personnes séjournant dans les lieux infestés.

Ces chenilles, lorsqu’elles sont agressées, dispersent au gré du vent leurs poils, qui par des crochets peuvent s’accrocher aux habits ou à la peau. La démangeaison provoquée par les crochets incite à se gratter, et ainsi à faire éclater les poils, libérant la toxine.

 L’ARS Paca recommande au public : (Photo Nid de processionnaires. Eiffel CC BY-SA 1.0)

- D’éviter la fréquentation des zones à proximité des pins infestés, de porter des vêtements couvrants si l’on se rend malgré tout dans ces zones.

- De ne pas manipuler les chenilles et les nids.

- De ne jamais balayer une procession de chenilles afin d’éviter de créer un nuage de poils urticants qui pourrait provoquer une atteinte cutanée, oculaire et respiratoire.

- D’éviter de se frotter les yeux en cas d’exposition.

- De ne pas faire sécher le linge à l’extérieur près des pins par grand vent.

- De prendre toutes les mesures de précaution pour éviter le contact avec les poils urticants déposés en particulier sur les pelouses, d’éviter de tondre les pelouses sous les arbres infestés.

En cas de contact, les poils urticants se fixant sur les cheveux et les vêtements, il est recommandé de :

- prendre une douche tiède avec lavage soigneux des cheveux au shampoing,

- changer de vêtements et laver les vêtements contaminés au dessus de 60°C.

Pour tout autre symptôme et en cas de problème, il est recommandé de consulter son médecin traitant.

Précaution importante chez les enfants en bas âgeDans le cas où un enfant en bas âge aurait porté une chenille à la bouche, il est important de consulter immédiatement le service des urgences.


2. Les risques sanitaires chez l’animal :

Les chenilles processionnaires du pin sont très dangereuses pour l’animal.

Un animal peut facilement entrer en contact avec les poils urticants des chenilles en léchant ou mordant des chenilles en léchant ou mordant des chenilles, ou en manipulant une branche porteuse de nid.

La toxine peut alors provoquer des dégâts irréparables tels que la perte de la langue (pouvant entraîner la mort par impossibilité de s’alimenter), ou de l’œil, par nécrose.

Pour protéger vos animaux, le Conseil régional de l’ordre des vétérinaires Paca-Corse recommande :

- D’éviter de frotter mais laver à grande eau.

- Si la contamination s’est produite, de faire appel sans délai à son vétérinaire pour qu’il effectue un traitement d’urgence.

- Dans tous les cas, d’éviter de se contaminer soi-même en manipulant l’animal sans précaution (zone abritée du vent, masque, lunettes, gants, etc.….).




La Provence EchoPlanète 4/3/2015

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Les chiroptères insectivores sont de plus en plus considérés comme agents potentiels de contrôle biologique des populations d’insectes ravageurs. Cependant, aucune étude en Europe n'avait jusqu'à présent confirmé leur fonction de régulation biotique en forêt.

Dans le cadre du projet européen FunDivEurope, l’équipe de BIOGECO de l’INRA a confirmé que les forêts constituent un habitat clé pour les chauves-souris et que la diversité des essences forestières, à l'échelle du peuplement et du paysage, influe positivement sur la richesse spécifique et l'abondance des chiroptères.

 La Sérotine commune (Eptesicus serotinus) est une espèce de chauves-souris appartenant à la famille des Vespertilionidae. Espèce anthropophile de plaine, on la trouve dans les agglomérations avec parcs, jardins, prairies, dans les combles des maisons. Mnolf CC BY-SA 3.0 / Wikipedia

L’équipe a étudié de plus près l'activité de prédation de ces chauves-souris dans la plus grande forêt de plantation d'Europe, le massif des Landes de Gascogne. Là pullule régulièrement la processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa), principal défoliateur des forêts de conifères en France, qui étend son aire de répartition en réponse au réchauffement climatique.

Pour cela, une approche expérimentale innovante a été appliquée en manipulant la densité de proies, les papillons de processionnaire, à l'aide de diffuseurs de phéromone. Le long de lisières de plantations de pin maritime infestées par la processionnaire, des agrégats de papillons ont été créés artificiellement et les ultrasons émis par les chauves-souris ont été enregistré au même endroit afin d'identifier les espèces de chiroptères attirées et de quantifier leur activité de chasse.

 Pins maritimes à Mimizan dans les Landes. Le pin maritime, pin des Landes, pin de Corte ou pin mésogéen (Pinus pinaster), est une espèce de conifères de la famille des pinacées. Il peut atteindre 30 m de haut (en général de 20 à 30 m), qui arrive à maturité vers 40 ou 50 ans et qui peut vivre jusqu'à 500 ans. Jack ma CC BY-SA 3.0 / Wikipedia

Des pièges à phéromone ont été utilisés pour estimer les densités de processionnaires et mesurer les niveaux d'infestation sur les arbres des lisières échantillonnées. Enfin les nids de processionnaire ont été dénombrés l'année suivante pour mesurer l'impact de l'activité prédatrice des chauves-souris.

 La Pipistrelle de Kuhl (Pipistrellus kuhlii) se trouve tout autour du basin méditerranéen et dans l'Ouest de l'Asie, jusqu'au Pakistan et à la limite de l'Inde. En Europe occidentale, elle remonte au Nord tout le long de la côte Atlantique et est également présente en Grande-Bretagne. L'espèce étend sa répartition vers le Nord à travers toute l'Europe depuis les années 1980. Elle préfère les milieux ouverts aux gros boisements, et est également très commune dans les zones urbaines. Leonardoancillotto86  CC BY-SA 3.0 / Wikipedia

Résultats : Il existe une étroite coïncidence temporelle entre l’activité des chiroptères et celle de la processionnaire du pin, l'activité de chasse des chauves-souris étant maximale au début de l'été, saison de vol des processionnaires et de nourrissage des petits de chauves-souris, et en début de nuit, période où émergent les papillons et où chassent les chauves-souris. 

L'abondance des chauves-souris augmente avec celles de papillons de processionnaire, c'est-à-dire avec la densité de proies. Certaines espèces de chiroptères, notamment la Sérotine commune et la Pipistrelle de Kuhl, manifestent également une réponse comportementale en intensifiant leur prédation au niveau des agrégats de papillons induits par les leurres artificiels.

 Nid de chenille processionnaire du pin photographié en France. JPS68 CC BY-SA 4.0 / Wikipedia

Ce renforcement de l'activité de prédation par les chauves-souris se traduit par une réduction du potentiel de reproduction des populations de processionnaire du pin qui conduit à une diminution significative des infestations l'année suivante. Il est ainsi démontré pour la première fois en forêt tempérée que les chiroptères assurent un service écosystémique de régulation des insectes ravageurs.

La processionnaire du pin présente une dynamique des populations cyclique, avec des pullulations tous les 7 ans dans les Landes. Il sera donc intéressant de suivre en parallèle la dynamique temporelle des chiroptères et d'évaluer leur effet à long terme sur la démographie de la proie.

Des études récentes ont par ailleurs révélé la complexité des comportements de réponse aux signaux acoustiques émis par les chauves-souris avec des phénomènes de "cris sociaux" et même l'émission d'ultrasons par les papillons pris en chasse. L’équipe BIOGECO envisage donc d'enregistrer plus finement les échanges d'information acoustique entre les chiroptères et la processionnaire du pin pour analyser leurs réponses comportementales et ainsi mieux décrypter les interactions proies – prédateurs et prédateurs – prédateurs.

Cette étude, publiée dans Pos One, s'intègre dans le cadre de l'Agro-écologie et montre que la lutte par conservation de la biodiversité, ici des essences forestières, offre des perspectives intéressantes pour la régulation des insectes ravageurs forestiers par leurs prédateurs naturels.

Elle confirme également le rôle majeur des habitats forestiers pour la conservation de la biodiversité des chiroptères, alors que ce groupe vient d'être évalué par l'UICN comme le plus menacé parmi les mammifères en Europe (10 espèces sur la Liste Rouge).

Etude réalisée par Yohan Charbonnier, Luc Barbaro, Amandine Theillout, Hervé Jactel (INRA, UMR BIOGECO)


Source : Agriculture.gouv.fr "département de la santé des forêts" janvier 2015

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Urticante, la chenille processionnaire du pin étend sa zone d'habitat vers le Nord, au gré du changement climatique. Pour lutter contre ce ravageur, une société française a eu l'idée de larguer des phéromones sexuelles dans les forêts de pins, en utilisant des fusils de paintball. L'intérêt ? Empêcher les mâles de repérer les femelles.

 Durant l'été 2015, sur une colline proche de la ville de Tarascon, des parcelles de pin d'Alep ont été le théâtre d'un drôle de jeu scientifique : le paintball aux phéromones.
(Crédit photo : Jean-Claude Martin / INRA)


Et c'est un parfait tue l'amour contre ce ravageur : « Nous diffusons uniquement la signature odorante de cette chenille Ainsi, on ne perturbe pas les autres espèces », explique Johann Fournil, directeur du développement de l'entreprise française de chimie «M2i Life Sciences». La signature odorante, ce sont des molécules appelées phéromones, qui déclenchent divers comportements chez les êtres vivants. Dans ce cas précis, l'accouplement.

Diffusées en grande quantité dans les pinèdes, les phéromones sexuelles créent la confusion chez les adultes mâles (papillons) pour les empêcher d'identifier les femelles et de se reproduire. De quoi lutter contre une petite bête qui cause de sérieux soucis de santé publique.

« L'avancée est réelle, environ 4 km par an. Des travaux de nos confrères à Orléans ont montré que cette expansion est liée au changement climatique», explique Jean-Claude Martin, de l'Institut National de Recherche Agronomique (INRA). On retrouve la chenille processionnaire dans le Morbihan et depuis peu en région parisienne.

Au premier coup d'oeil la chenille processionnaire du pin n'a pourtant rien d'effrayant. Et pourtant. Ses poils urticants entraînent des irritations douloureuses comme une piqûre de vive, chez les humains comme chez les animaux. 

Le danger se répète chaque année, quand elle descend les troncs des pins pour former d'impressionnantes processions sur le sol. Fascinantes pour les enfants, les chenilles attirent aussi Médor et consorts. Funeste idéeCar sur les muqueuses d'un animal, par exemple la langue d'un canin, le risque est la mort des tissus, la «nécrose». 

Pour ne rien arranger, la chenille perd ses poils, ce qui dissémine la menace au gré du vent. Les exploitants des forêts de pins sont aussi concernés : un pin touché par la chenille grandira moins vite et perdra de sa valeur commerciale.

Durant l'été 2015, sur une colline proche de la ville de Tarascon (Bouches-du-Rhône), des parcelles de pin d'Alep ont été le théâtre d'un drôle de jeu scientifique : le paintball aux phéromones. Des gardes forestiers armés d'un fusil paintball ont projeté sur les troncs des billes contenant ces phéromones.

« Nous créons un « nuage » qui fait que les papillons mâles sont incapables de reconnaître les femelles et de s'accoupler. Soit ils meurent d'épuisement, soit ils quittent la parcelle », explique Johann Fournil. Les billes en cire d'abeille ont été projetées sur un tronc en hauteur, pour qu'elles s'y collent. Elles se sont biodégradées ensuite au soleil, libérant les phéromones progressivement, sans manipulation ultérieure.

L'invention est encore au stade de l'expérimentation, mais « les premiers tests sont extrêmement concluants », constate Jean-Claude Martin du centre de recherche PACA de l'INRA. Il pilote ces essais dans le cadre du plan Ecophyto, qui vise à réduire l'usage des pesticides.

L'idée est d'obtenir une solution non toxique contre Thaumetopoea pityocampa, ainsi que les scientifiques appellent la chenille. Une solution qui soit plus efficace que les alternatives existantes. Car plusieurs outils non polluants existent déjà : pièges à papillons et à chenilles ou encore perchoirs à mésanges : certains gestionnaires de parcs les installent car ces oiseaux adorent mettre la chenille à leur menu. Mais ces nouvelles méthodes sont coûteuses et demandent des moyens importants

Les billes de cire ont en germe une double promesse : être 100 % écologiques et avoir une grande simplicité d'installation, d'où un coût moins important.

Avant que l'invention puisse être commercialisée, peut-être en 2017, il faudra attendre la fin de l'expérimentation. Mais déjà, les initiateurs du projet envisagent de dupliquer leur outil à d'autres arbres menacés par des insectes : le chêne et pourquoi pas ensuite, des arbres fruitiers.  «Dans tous les cas, il ne s'agira pas d'éradiquer partout et systématiquement les insectes nuisibles », tempère Jean-Claude Martin. Les chenilles jouant un rôle dans l'écosystème, il s'agit de « rétablir l'équilibre », en limitant les populations. 


Le Parisien 28/10/2015

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